Ne tombe-t-il pas sous le sens que tu as ensorcelé sa tendre jeunesse par des drogues ou des minéraux qui affaiblissent l’intelligence? – Je veux que cela soit examiné. La chose est probable; elle est manifeste. Je te saisis donc, et je t’arrête comme trompant le monde, comme exerçant un art proscrit et non autorisé. – Mettez la main sur lui; s’il résiste, emparez-vous de lui au péril de sa vie.


OTHELLO. – Retenez vos mains, vous qui me suivez, et les autres aussi. Si mon devoir était de combattre, je l’aurais su connaître sans que personne m’en fît la leçon. (À Brabantio.) Où voulez-vous que je me rende pour répondre à votre accusation?


BRABANTIO. – En prison, jusqu’à ce que le temps prescrit par la loi, et les formes du tribunal t’appellent pour te défendre.


OTHELLO. – Et, si j’obéis, comment satisferai-je aux ordres du duc dont les messagers sont ici, à côté de moi, réclamant ma présence auprès de lui pour une grande affaire d’État?


UN OFFICIER. – Rien n’est plus vrai, digne seigneur; le duc est au conseil, et, je suis sûr qu’on a envoyé chercher Votre Excellence.


BRABANTIO. – Comment! le duc au conseil? à cette heure de la nuit? Qu’il y soit conduit à l’instant. Ma cause n’est point d’un intérêt frivole. Le duc même, et tous mes frères du sénat ne peuvent s’empêcher de ressentir cet affront comme s’il leur était personnel. Si de tels attentats avaient un libre cours, des esclaves et des païens seraient bientôt nos maîtres.


(Ils sortent.)



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