
Plus le brouillard se raréfiait autour du corps immobile d’Antonito, toujours noyé dans la solution vivifiante, plus les nuages s’épaississaient sur les lendemains du docteur Van Clepsydre. Et puis, cette manifestation pour les droits de l’homme… Quel diable l’avait poussé à s’y joindre ? C’était vieux, ça, mais la police devait savoir conserver les anciens films. Recel d’inconnu, manifestation… Tout collait.
Les images de l’avenir étaient si vivantes que le docteur secoua la tête pour les chasser.
Et pourtant, il ne peut pas ne pas y avoir d’issue. En fin de compte, dans un premier temps, on pourrait ne pas déclarer Antonito, mais tout simplement le cacher. Ou, mieux encore, le charger d’une tâche banale. Ils seront tout de même indiscernables. Il faudra uniquement faire en sorte que le personnel ne les voie pas ensemble. Plus tard, on verra.
Un personnage légèrement voûté se tenait au fond du conteneur cubique. Le docteur se mit debout pour constater qu’ils étaient de même taille. Le corps du sosie était enveloppé d’un petit nuage irisé semi-transparent : une espèce d’échafaudage qu’on n’avait pas encore enlevé.
Anton ne pensait pas qu’il fût aussi voûté. « C’est à cause du microscope auquel je suis tout le temps rivé. On est plié en trois, et voilà le résultat », pensa le docteur en se redressant.
