
À Sausalito, le sergent avait trouvé porte close. L’immeuble où habitait Jack Links ne comportait qu’un étage. Personne n’avait répondu au coup de sonnette du policier qui avait fini par glisser sous la porte une convocation urgente. Comme le permis de conduire de Jack portait la mention « célibataire », il y avait peu de chances qu’un parent se manifeste rapidement.
Par acquis de conscience, le sergent inspecta le rez-de-chaussée. Il se composait d’un magasin d’antiquités, fermé, bien entendu, et d’un appartement, derrière la boutique où personne ne répondit non plus.
Le sergent repartit en se disant qu’au fond, cela ne changeait pas grand-chose pour Jack Links.
CHAPITRE II
Son Altesse Sérénissime le prince Malko Linge, S.A.S. pour les intimes, poussa d’une main ferme la porte de verre du bâtiment principal de la Central Intelligence Agency et entra dans le hall frais en réprimant un sourire. Quand on parle de la C.I.A. – la plus grande organisation de contre-espionnage du monde – on imagine de mystérieux bâtiments cachés sous de fausses raisons sociales et inaccessibles aux indésirables. Or, même si Malko avait été le numéro 1 de l’espionnage communiste, il n’aurait eu absolument aucun mal à parvenir où il était : depuis Washington, à vingt minutes de là, une profusion de panneaux verts et blancs marqués « C.I.A. » indiquaient la route.
Quant au building lui-même, il était bien visible, avec ses sept étages entièrement climatisés et sa salle de conférences de 500 personnes. C’est d’ailleurs le plus vaste édifice de la capitale, après le Pentagone.
Dès que Malko s’avança vers l’un des seize ascenseurs qui desservent l’immeuble, deux gardes armés, en uniforme gris, l’encadrèrent.
