
À neuf heures du matin, il faisait déjà une chaleur épouvantable. Malko avait pris son petit déjeuner dehors, près de la piscine, au milieu d’un groupe de businessmen américains. Hildegard dormait encore. Il avait quitté la chambre sur la pointe des pieds. Douché, rasé, vêtu d’un irréprochable complet d’alpaga noir – il était un peu maniaque – il se sentait mieux.
Il alla à la réception et demanda le téléphone. Mitchell lui avait donné tous les numéros utiles. Chez Schalberg, cela ne répondait pas. Il essaya plusieurs autres numéros et l’ambassade. Finalement il obtint une voix endormie qui lui dit que le général était parti dans l’intérieur du pays pour trois ou quatre jours.
Or il devait remettre cet argent à Schalberg en main propre !… Il y avait bien un fonctionnaire de l’ambassade au courant des questions de sécurité, mais il ignorait lequel.
Autre problème : ses liaisons avec Washington. Là encore, impossible de passer par le général !
En attendant, il fallait mettre cette sacrée serviette en sûreté. En admettant que Schalberg fût vraiment hors de Téhéran. Malko décida que le mieux serait de la confier à une banque. Il quitta la piscine pour aller à la réception. Un employé iranien lui dit que la banque Melli, sur la Ferdowsi, louait des coffres.
— Vous pouvez m’appeler un taxi ?
— Certainement.
L’employé l’accompagna jusqu’à la porte. Il claqua des doigts. Une vieille Mercedes 190 diesel se détacha du parking et vint s’arrêter devant la porte. Le chauffeur, pas rasé comme tous les Iraniens, n’avait pas l’air rassurant, mais cela ne voulait rien dire. De toute façon, Malko pensa qu’il n’avait rien à craindre en plein jour.
Il monta dans le taxi, qui démarra immédiatement. La route descendait jusqu’au centre-ville ; le chauffeur, pour économiser son essence au maximum, coupait sans cesse les gaz.
La circulation était intense. De vieux camions, des autobus surchargés, croisaient des taxis bringuebalants, rapiécés et couverts de slogans peints au blanc d’Espagne.
