Et puis, pourquoi attirer l’attention ? Il serait quand même fichtrement soulagé quand il aurait remis l’objet à Schalberg.

Un porteur en loques prit les valises ; Malko suivit, après un moment de suffocation. On avait beau être à mille cinq cents mètres d’altitude, il faisait une chaleur à mourir ; Téhéran au mois de juin, c’est le brasier.

La sueur dégoulinait déjà le long du dos de Malko. Son complet d’alpaga noir était tout froissé, ce qui l’agaça, car il avait horreur du négligé.

Glissant la main sous sa veste, il déplaça légèrement la crosse du pistolet extra-plat qui était glissé dans sa ceinture. C’était encore là que cela se voyait le moins, mais la chaleur collait l’arme à la peau d’une façon désagréable. Encore une concession qu’il avait faite à ses employeurs ! Lui avait horreur des armes à feu.

Il hésitait, planté sur le trottoir, devant l’entrée de l’aérogare ; il y avait bien un bar au premier étage, mais il fallait grimper les grands escaliers de marbre, c’était trop loin. Autant aller directement à l’hôtel. Là-bas, ils devaient avoir un coffre. Après, il aurait tout le temps de s’imprégner de vodka-lime.

Une rangée de taxis attendaient. Il levait le bras pour en appeler un, quand quelqu’un lui adressa la parole.

— Vous êtes perdu ?

C’était le ravissant accent, un peu chantant, de la petite hôtesse allemande qui avait pris son service à Paris. Elle se tenait derrière Malko, un sac dans une main et, dans l’autre, un manteau enveloppé d’une housse.

— Pas exactement. Je cherche à deviner quel est le moins voleur de tous ces taxis.

L’hôtesse sourit.

— Pourquoi ne venez-vous pas avec nous, dans la navette de la Panam ? Le commandant ne dira rien, c’est un ami.



3 из 176