
— Ce sont tous vos papiers d’affaires que vous avez dans votre serviette ? continua l’hôtesse.
Malko sourit. Drôles de papiers !
— Ils me sont indispensables. C’est pour cela qu’ils ne me quittent pas.
Hildegard sourit. Elle posa la main sur la hanche droite de Malko et demanda, sur le ton le plus naturel :
— Et ça ? Ce sont aussi des papiers ?
Elle avait la main sur la crosse du pistolet. Comme elle avait posé la question en allemand, personne ne tiqua. Malko se mordit les lèvres. Il aurait dû rester fidèle à ses habitudes. C’était bien le moment de se faire remarquer ! Maintenant, il fallait bien donner une explication.
— Vous savez, dans ces pays-ci, les routes ne sont pas toujours sûres… Je suis appelé à me promener dans les coins déserts.
Hildegard rit un peu.
— Quand même, la route de Mehrabad à Téhéran !…
Elle continua :
— Vous êtes un trafiquant ? Qu’est-ce que vous passez ? Des diamants, des émeraudes ? J’espère que ce n’est pas de la drogue.
Malko secoua la tête.
— Non, ce n’est pas de la drogue, je vous assure.
— Je vous crois. Vous n’avez pas l’air d’un sale type. Alors ?
— Je ne peux pas vous expliquer. Pas maintenant.
Ni maintenant, ni jamais. Il n’y avait que le président des États-Unis, le chef de la CIA pour le Moyen-Orient et Malko qui étaient au courant. Plus les « autres ». Mais ceux-là ne diraient rien non plus.
— Promettez-moi de ne dire à personne ce que vous pensez, demanda Malko. C’est très important.
En même temps, il planta ses yeux d’or dans ceux de la jeune femme. Peu de femmes résistaient à ce regard. C’était comme de l’or liquide. Mais, cette fois, il ne s’agissait pas d’emmener Hildegard dans son lit. Du moins pas tout de suite. L’enjeu était beaucoup trop important.
— D’accord. Mais vous sortez avec moi demain. Je ne veux pas que vous disparaissiez.
