— Juré. D’ailleurs nous allons au même hôtel.

Le petit car entrait dans les faubourgs de Téhéran. La grande avenue Chah-Reza était éclairée par des lampes au sodium, diffusant une lumière jaune. Pas un chat. Seuls passaient quelques taxis attardés, illuminés de l’intérieur par des guirlandes de petites lampes multicolores.

Les autres passagers du car s’étaient assoupis. Malko prit la main d’Hildegard dans le noir et la serra. Elle ne la retira pas et, au contraire, se rapprocha de lui.

De l’autre côté de Malko, le commandant de bord grogna un peu. Malko posa sa serviette par terre, à côté de celle de l’officier. Ainsi, il pouvait mettre ses jambes en travers, contre celles de l’hôtesse.

Le petit car avait tourné dans l’avenue Hafez et montait péniblement vers le quartier de Chimran, où se trouve le Hilton, en dehors de la ville, à près de six kilomètres. Ils passèrent devant l’enseigne brillamment éclairée d’une boîte de nuit, le Miami. La civilisation ne perdait pas ses droits.

Maintenant, il n’y avait presque plus de maisons. La route serpentait entre des collines pelées, où surgissait parfois une construction isolée.

Malko commençait aussi à somnoler. Tout se passait bien. Bientôt il serait à l’hôtel, au frais. La serviette serait en sûreté dans le coffre et, moyennant cinq dollars au portier, il aurait la chambre voisine de celle d’Hildegard.

Le car freina brutalement.

Réveillé, Malko se pencha sur l’épaule de l’hôtesse pour regarder au-dehors. Le véhicule roula encore un peu, puis stoppa complètement sur le bas-côté de la route. La portière s’ouvrit brusquement. Une tête coiffée d’une casquette apparut. C’était un Iranien, avec une petite moustache à la Valentino et l’œil injecté de sang. Il brandissait une énorme pétoire.

— Tout le monde en bas ! cria-t-il en mauvais anglais. Contrôle militaire.

Le commandant de bord se réveilla en sursaut, furieux.



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