Pritcher abandonna son véhicule aérien dans les ex-hangars du vice-roi et pénétra sur le territoire du palais à pied ainsi que l’exigeait l’étiquette. Il parcourut plus d’un kilomètre le long de la grand-route vide et silencieuse. Pritcher savait que, sur des kilomètres carrés, il n’existait pas un seul garde, pas un seul soldat, pas un seul homme armé.

Le Mulet n’avait nul besoin de protection.

Le Mulet était à lui-même son meilleur, son tout-puissant protecteur.

Les pas de Pritcher résonnaient doucement à ses oreilles, lorsque devant lui se dressa le palais resplendissant avec ses murailles incroyablement légères et robustes, et ses arcades aux voûtes d’une audace confinant à l’extravagance, caractéristiques de l’architecture du défunt Empire. Il étendait ses festons au-dessus des terrains nus, au-dessus de la cité populeuse qui limitait l’horizon.

A l’intérieur du palais, se trouvait l’homme unique sur les facultés mentales inhumaines duquel reposaient la nouvelle aristocratie et la structure entière de l’Union.

La porte gigantesque et lisse s’ouvrit majestueusement à l’approche du général, et il fit son entrée. Il prit pied sur la large rampe mécanique qui s’élevait sous ses pas. L’ascenseur l’enleva dans une course rapide et silencieuse. Il se trouva devant la petite porte discrète qui commandait le cabinet particulier du Mulet, dans la plus resplendissante de toutes les tours du palais.

Elle s’ouvrit…


Bail Channis était jeune. Bail Channis n’était pas converti. Ce qui, en langage courant, signifiait que sa personnalité morale n’avait pas été modelée par le Mulet. Elle demeurait telle qu’elle résultait de son hérédité, modifiée par l’influence du milieu. Et cette situation lui donnait également toute satisfaction.



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