
— Je vous remercie, docteur. Chers Harmontois ! On nous a enfin clairement expliqué ce qu’est le radiant de Pilman ! À ce propos, avant-hier, c’était exactement le treizième anniversaire de la Visite. Docteur Pilman, ne voudriez-vous pas dire quelques mots à cette occasion à vos compatriotes ?
— Que veulent-ils savoir, au juste ? N’oubliez pas qu’à l’époque je n’étais pas à Harmont…
— Il est d’autant plus intéressant d’apprendre ce que vous avez pensé quand votre ville natale a été envahie par une super-civilisation extra-terrestre…
— À vrai dire, ma première pensée a été qu’il s’agissait d’un canular. Il était difficile d’admettre que quelque chose de semblable pouvait arriver à notre vieille Harmont. Gobi, la Terre-Neuve, passe encore, mais Harmont !
— Cependant, en fin de compte, vous avez été obligé d’y croire ?
— En fin de compte, oui.
— Et alors ?
— Il m’est soudain venu à l’esprit que Harmont et les cinq autres Zones de la Visite… en fait, non, je vous demande pardon, à l’époque on n’en connaissait que quatre… que toutes, elles étaient disposées sur une courbe très douce. J’ai calculé les coordonnées du radiant et je les ai envoyées à “Nature”.
— Vous n’étiez donc pas du tout ému par le destin de votre ville natale ?
— Voyez-vous, à l’époque déjà, je croyais à la Visite, mais je n’arrivais pas à croire les informations paniquées sur les quartiers en feu, les monstres dévorant exclusivement des vieillards et des enfants, et les combats sanglants entre les visiteurs invulnérables et les unités blindées royales extrêmement vulnérables, mais infailliblement glorieuses.
— Et vous aviez raison. Je me souviens que nous autres, informateurs, nous nous sommes bien mis le doigt dans l’œil à l’époque… Mais revenons à la science. La découverte du radiant de Pilman a été la première, mais certainement pas la dernière de vos contributions à la science de la Visite ?
