— Compris, Nippon.

Silence tendu. Pas un bruit. Ni vrombissement, ni ronflementde machines, ni crépitement de moteurs, rien. À en juger par ce que nos senspercevaient, il aurait tout aussi bien pu s’agir d’un jeu vidéo.

Jay rompit ce silence en prononçant le mot que chacun d’entrenous redoutait :

— Vibrations.

Un juron en japonais éclata dans l’émetteur, ce qui n’étaitsans doute pas le but recherché. Iwabuchi. Je n’avais évidemment rien compris,mais je crus voir rougir Yoshiko, assise près de moi. Elle déclara :

— Le rayon commence à dévier, mais il reste encorepointé sur l’objectif.

— Les vibrations s’intensifient, annonça Jay.

— Le rayon quitte la cible ! s’écria Yoshiko.

Un bruit horrible retentit sous la console placée devantmoi, un claquement semblable à celui d’une hache tranchant un hauban d’un coupnet. Simultanément, un message en lettres rouges se mit à clignoter sur l’undes écrans, signalant que l’interruption du système avait été automatiquementdéclenchée dès que l’émetteur énergétique avait perdu le contrôle du rayon deguidage.

Même si tout le personnel présent avait entendu le bruit etsavait depuis des semaines ce qu’il signifiait, il me fallut tout de même annoncer :

— Déconnexion.

— Nippon, ici Hawaii. Nous ne vous recevonsplus.

— Hawaii, nous avons eu une déconnexion forcée suite àla perte de la cible.

Juron à demi étouffé de la part du correspondant de Sakai.Cette fois, je fus le seul à comprendre, peut-être à l’exception de Jay.

— Vous n’avez rien de plus original pour une fois,Nippon ?

Moriyama prit le micro, sans doute parce qu’il savaitpertinemment Sakai incapable de répondre à ce genre de plaisanterie.

— Hawaii, ici Moriyama. Avez-vous enregistré lesoscillations du rayon ?

— Oui. Nous pouvons vous envoyer les bandes.

— Dozo. Faites-le, s’il vous plaît.



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