Dans l’espace, toutes les contraintes liées à la pesanteuret à la résistance de l’air disparaissent ; il n’y a donc rien de plusfacile que de construire des structures vraiment immenses. À l’époque, lesindustries Mitsubishi songeaient sérieusement à financer une station solairenouvelle version. Elles exigeaient en retour que l’assemblage des capteursprenne la forme du logo de la firme et qu’il soit suffisamment grand pour êtrevisible à l’œil nu depuis la Terre. J’imagine sans peine ce que des entreprisescomme Coca-Cola et McDonald’s auraient pu concevoir si elles avaient continué d’occuperla place qui étaient la leur dans ma jeunesse.

— Encore dix secondes, signala Moriyama.

Les yeux rivés sur mes instruments de contrôle, jeregrettais de ne pouvoir regarder par le hublot comme je le faisais souventlors des manœuvres de transfert. En effet, au moment précis où l’énergieproduite dans les cellules se mettait à « couler », la voilure d’uneblancheur éclatante virait brusquement au noir le plus profond, donnant l’impressionde s’être volatilisée, d’avoir été engloutie par l’univers qui lui servaitencore de toile de fond une fraction de seconde auparavant.

— Nous captons le rayon de guidage ! annonçaSakai.

— Libérez l’énergie ! ordonna Moriyama.

C’était à moi de jouer. J’inversai le levier adéquat et j’eusle sentiment qu’une très légère secousse parcourait la station. Mais ce n’étaitqu’une illusion. Les témoins passèrent rapidement au vert. La voix d’Iwabuchise fit entendre depuis le haut-parleur de l’émetteur de bord :

— Énergie libérée.

— Nippon, ici Hawaii. Nous vous recevons à deuxpour cent de la puissance nominale.

— Go-fun. On attend cinq minutes et on monte enpuissance, décréta Moriyama.

Sakai transmit :

— Hawaii, ici Nippon. Pendant cinq minutes, onse limite au rayon conducteur.



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