— Elle ne vous a pas dit pourquoi, non ?

— Non, mais si elle croit devoir partir, Gaïa doit le penser.

— Ce qui veut dire que je n’ai pas le droit de refuser. C’est bien cela, Janov ?

— Oui, je crois que vous n’en avez pas le droit, Golan. »

3.

Pour la première fois de son bref séjour sur Gaïa, Trevize pénétrait dans la demeure de Joie – qui à présent abritait également Pelorat.

Trevize jeta un bref coup d’œil circulaire. Sur Gaïa, les maisons tendaient à être simples. Avec cette absence pratiquement totale de précipitations violentes, avec une température douce en toute période à cette latitude, et jusqu’aux plaques tectoniques qui ne glissaient qu’en douceur quand elles avaient à glisser, il était inutile d’édifier des maisons conçues pour assurer une protection compliquée ou maintenir un environnement confortable dans un environnement extérieur inconfortable. La planète entière était une demeure, au sens propre, conçue pour abriter ses habitants.

La maison de Joie dans cette maison planétaire était de taille modeste, les rideaux remplaçaient les vitres aux fenêtres, le mobilier était rare et d’un fonctionnalisme plein de grâce. Il y avait aux murs des images holographiques ; dont l’une de Pelorat, l’air quelque peu timide et surpris. Trevize pinça les lèvres mais essaya de dissimuler son amusement en faisant mine de rajuster méticuleusement sa ceinture.

Joie l’observait. Elle n’arborait pas son sourire habituel. Elle semblait au contraire plutôt sérieuse, avec ses beaux yeux sombres agrandis, ses cheveux qui lui cascadaient sur les épaules en douces vagues noires. Seules ses lèvres pleines, peintes d’une touche de rouge, donnaient un soupçon de couleur à ses traits.

« Merci d’être venu me voir, Trev.



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