
— Et vous laisseriez Joie ? Allons donc. »
Une légère rougeur colora les joues de Pelorat. « Ce n’est pas exactement ce que je désire faire, vieux compagnon, mais elle a dit… »
Trevize fronça les sourcils. « C’est qu’elle essaie de se débarrasser de vous, Janov. Elle m’avait promis…
— Non, vous ne saisissez pas. Je vous en prie, écoutez-moi, Golan. C’est bien vous, cette manière explosive de sauter à des conclusions avant d’avoir tout entendu. C’est votre spécialité, je sais, et moi-même, je vous donne l’impression d’avoir certaines difficultés à m’exprimer avec concision mais…
— Eh bien, dit Trevize avec douceur, admettons que vous me racontiez ce que Joie a derrière la tête, de façon précise et de la manière qui vous conviendra le mieux, et je vous promets d’être patient.
— Merci, et puisque vous allez être patient, je pense que je vais pouvoir être direct. Voyez-vous, Joie veut venir elle aussi.
— Joie veut venir ? dit Trevize. Alors là, non, j’explose à nouveau… Bon, je ne vais pas exploser. Dites-moi, Janov, pourquoi diantre Joie voudrait-elle nous accompagner ? Je pose la question avec calme.
— Elle ne l’a pas dit. Elle a dit qu’elle voulait vous parler.
— Alors, pourquoi n’est-elle pas ici, hein ?
— Je crois – je dis bien : je crois – qu’elle aurait tendance à juger que vous ne la portez pas dans votre cœur, Golan, et elle hésite quelque peu à vous approcher. J’ai fait de mon mieux, mon bon, pour lui assurer que vous n’aviez rien contre elle. Je ne puis croire que quiconque ne puisse avoir d’elle la plus haute opinion. Toutefois, elle désirait me voir aborder le sujet avec vous, pour ainsi dire… Puis-je lui annoncer que vous la verrez volontiers, Golan ?
— Bien entendu, je vais la voir tout de suite.
— Et vous serez raisonnable ? Voyez-vous, mon ami, elle a passablement insisté. Disant que l’affaire était vitale et qu’elle devait absolument vous accompagner.
