De tous les objets présents dans son champ visuel, le seul élément aberrant était son vaisseau, le Far Star.

L’astronef avait été nettoyé et remis à neuf avec efficacité et à-propos grâce à l’aide d’une quantité de composants humains de Gaïa. Il avait été réapprovisionné en boisson et nourriture, son mobilier avait été rénové ou remplacé, ses pièces mécaniques révisées, Trevize avait personnellement vérifié avec soin le fonctionnement de l’ordinateur de bord.

L’astronef n’avait pas non plus besoin d’être réapprovisionné en carburant car il était l’un des rares vaisseaux gravitiques de la Fondation, tirant son énergie du champ de gravité général de la Galaxie, qui aurait suffi à alimenter toutes les flottes possibles de l’humanité dans les siècles des siècles de leur existence probable sans la moindre diminution d’intensité notable.

Trois mois plus tôt, Trevize avait été conseiller de Terminus. Il avait, en d’autres termes, été membre de la législature de la Fondation et, ex officio, un haut dignitaire de la Galaxie. Était-ce seulement trois mois ? Il lui semblait que la moitié de ses trente-deux ans d’âge s’étaient écoulés depuis l’époque où il était en poste et que sa seule préoccupation était de savoir si le grand Plan Seldon avait été valide ou non, si la croissance régulière de la Fondation, du village planétaire à la grandeur galactique, avait été ou non correctement prévue à l’avance.

Pourtant, par certains côtés, il n’y avait aucun changement. Il était encore et toujours conseiller. Son statut et ses privilèges demeuraient inchangés, sauf qu’il ne comptait plus retourner à Terminus revendiquer ce statut et ces privilèges. Il ne s’intégrerait pas mieux dans l’immense chaos de la Fondation que dans le petit monde bien ordonné de Gaïa. Il n’était chez lui nulle part, orphelin partout.



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