
Vladimir Mikhanovski
Tobor Premier
Les rayons obliques du soleil ardent éclairaient le paysage.
Le sol criblé d’entonnoirs ressemblait au visage fortement grossi d’un lépreux. Chaque cratère aux bords lacérés s’était formé au point d’impact et d’explosion d’une météorite. Le bombardement d’aérolithes semblait ne pas vouloir s’arrêter et la roche rougeâtre d’origine volcanique tremblait sans discontinuer.
Sur l’écran panoramique on voyait distinctement les explosions se produire çà et là, silencieusement parce que dans le vacuum. Après chaque déflagration on voyait se soulever un magnifique panache qui projetait une longue ombre noire sur le sol défoncé. Ensuite la poussière et les menus éclats de roche retombaient lentement. Et l’ombre du panache se rétrécissait jusqu’à ne plus être tout aussi lentement.
Naturellement le bombardement de météorites obéissait à une certaine loi tendancielle, mais la percer était une chose extrêmement malaisée non seulement pour l’homme, mais même pour un puissant cerveau à ions versé dans l’art de régler les problèmes de ce genre. Surtout quand on sait que le temps imparti pour trouver la solution se réduit à quelques centièmes de seconde, ce qui est infiniment moins que le temps accordé à un étudiant pour passer un examen. Et puis de cette solution dépend non pas la note que l’examinateur attribuera, mais l’existence même. Effectivement, l’existence de celui qui traversait maintenant cette nouvelle zone d’obstacles.
Au demeurant, ce qui était encore plus malaisé c’était non pas de calculer, de deviner le point de chute de la météorite, mais d’esquiver celle-là. Ici une agilité et des réflexes absolument fantastiques étaient nécessaires.
La tâche de celui qui avait à franchir la zone dangereuse aurait été bien plus facile s’il avait disposé d’une chenillette — du type de celles qu’on utilise sur des planètes inconnues —, d’un robot marchant ou, au pis aller, d’un scaphandre standard doté d’un champ antimétéorite.
