A gauche… ensuite légèrement en arrière… à droite… Et brusquement, alors qu’une explosion particulièrement forte se produisait devant, Tobor se figeait. L’aiguille d’un chronomètre égrenait impassiblement et irrésistiblement les secondes : il était là, près de l’écran, alors que Tobor était immobile, semblable à une sculpture.

Pour Ivan, la pause parut grandir comme une avalanche. « Plus vite ! Plus vite ! » criait, suppliait, exigeait mentalement Ivan en regardant la silhouette figée au centre de l’écran.

Tantôt au loin, tantôt à proximité, les météorites soulevaient des gerbes en percutant le sol, mais Tobor attendait toujours quelque chose.

« Élaborerait-il une stratégie nouvelle ? » se demanda Ivan avec perplexité.

Dans la salle les personnes conservaient leur calme. Elles savaient que, privé de tout limiteur, Tobor était entièrement libre dans ses actions. Pour mener la tâche à bien, on lui avait imparti un espace de temps plus une indépendance totale. Comment répartir et utiliser ce temps, c’était son affaire. Par conséquent la conduite présente de Tobor était peut-être une pause forcée, nécessaire pour pouvoir évaluer correctement la situation, décider comment agir pour le mieux par la suite…

Les yeux photocellulaires de Tobor fouillaient précautionneusement la parcelle de la zone de bombardement de météorites qu’il devait encore traverser. Ivan estima à quatre kilomètres la distance à encore parcourir, ce qui était considérable. Tobor ne traînait-il pas trop quand même ? Et puis pourquoi s’était-il plaqué ainsi contre le sol ? Jamais encore il ne s’était aplati de la sorte…

Ivan se mordit les lèvres jusqu’au sang. A ce moment, utilisant ses tentacules comme des ressorts, Tobor bondit en avant vers un grand entonnoir encore fumant.

Non, ce ne pouvait être le fait du hasard. Chaque mouvement du robot — Ivan le savait — était calculé au millimètre près.



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