
Un énorme écran scintillait faiblement dans la salle tendue plongée dans la pénombre. La transmission avec le lointain polygone était assurée par des appareils impassibles. Là-bas, à des dizaines de kilomètres de la confortable salle sphérique, une expérience avait lieu qui devait permettre d’apprécier le long travail d’un collectif composé de plusieurs milliers de personnes.
Si la commission d’État homologue Tobor — créature élaborée par l’homme, associant, réunissant en un tout les qualités de la machine et de l’organisme vivant —, alors les chambres de synthèse de la Cité Verte recevront un prototype à partir duquel on réalisera des milliers de Tobor, auxiliaires irremplaçables de l’homme sur Terre, dans les immensités du Système solaire et au-delà.
Mais l’essentiel, c’était qu’au moment même où avaient lieu les derniers essais de Tobor Premier, une expédition stellaire dans la région de Lyre était en préparation, et au capitaine de laquelle les autorités de la Cité Verte avaient promis d’attribuer un adjoint.
C’est la raison pour laquelle aucune des personnes assises dans la salle ne voulait imaginer que l’expérience puisse ne pas réussir.
Il allait de soi qu’aujourd’hui la liaison avec le polygone était rigoureusement unilatérale. Tobor ne pouvait recevoir aucun ordre, aucune explication, aucun conseil de ses concepteurs et éducateurs. En effet, conformément au scénario de l’examen, tous les moyens de communication avaient été mis hors d’usage.
Tobor s’activait, se hâtait. Le chemin était long et difficile, la planète étrangère était perfide et il ne pouvait compter que sur ses propres forces et sur sa débrouillardise.
La pieuvre géante se déplaçait par bonds rapides, chaque fois en réussissant miraculeusement à esquiver les redoutables météorites.
