
Antistrophe IV.
Et les chefs, avides de combats, n'écoutèrent ni les prières de la vierge, ni ses tendres supplications à son père, et ils ne furent point touchés de sa jeunesse. Et le père ordonna aux sacrificateurs, après l'invocation, d'étendre la jeune fille sur l'autel, comme une chèvre, enveloppée de ses vêtements et la tête pendante, et de comprimer sa belle bouche, afin d'étouffer ses imprécations funestes contre sa famille.
Strophe V.
Mais, tandis qu'elle versait sur la terre son sang couleur de safran, d'un trait de ses yeux elle saisit de pitié les sacrificateurs, belle comme dans les peintures, et voulant leur parler, ainsi qu'elle avait souvent charmé de ses douces paroles les riches festins paternels, quand, chaste et vierge, elle honorait de sa voix la vie trois fois heureuse de son cher père.
Antistrophe V.
Ce qui arriva ensuite, je ne l'ai point vu et je ne puis le dire; mais la science de Kalkhas n'était point vaine, et la justice enseigne l'avenir à ceux qui souffrent. Que celui qui prévoit ses maux s'en réjouisse! C'est se désespérer avant le temps. Ce que l'oracle annonce arrive manifestement. Que ce soit la prospérité, ainsi que le désire celle qui approche, ce soutien unique de la terre d'Apis.
LE CHŒUR DES VIEILLARDS.
Me voici, Klytaimnestra, soumis à ta volonté. Il convient, en effet, d'honorer la femme du chef, quand celui-ci a laissé son trône vide. Soit que tu aies reçu une heureuse nouvelle, ou que, n'en ayant pas reçu, tu ordonnes ces sacrifices dans l'espérance d'en recevoir, je t'écouterai avec joie, et je ne te ferai aucun reproche, si tu te tais.
KLYTAIMNESTRA.
Qu'une heureuse aurore, comme il est dit, naisse de la nuit maternelle! Écoute, et tu auras une joie plus grande que ton espérance: Les Argiens ont pris la ville de Priamos.
