
— Oui, mais dans quelles conditions, Gros ! Nous voilà chargés d’enquêter dans un pays immense dont nous ne parlons même pas la langue !
— T’inquiète pas, affirme le Mastodonte, très optimiste. On ne connaît pas l’anglais, mais on connaît le système D. C’est ce qui nous sauve toujours, nous autres, les boy-scouts de Bois-Colombes !
« Allez, caltons. je commence à avoir des fourmis dans les tiges !
« La mer qu’on voit danser, c’est très joli, mais faut pas qu’elle danse trop longtemps !
CHAPITRE TWO
DIX-HUITIÈME ÉTAGE : TOUT LE MONDE DESCEND !
Nous ne mettons pas longtemps à faire nos valises. D’autant plus que lorsque nous sommes partis du Havre, nous n’avions, pour tout bagage, qu’une limace de rechange et une brosse à dents, plus, en ce qui concerne Bérurier, un vieux numéro d’Ici Paris.
Vous avouerez que c’est peu pour entreprendre un voyage aux Etats-Unis.
Nous nous dirigeons d’une allure martiale vers la passerelle sommée d’un dais bleu lorsqu’une réflexion du Gros me fait stopper.
— Les Ricains ont eu raison de nous laisser poursuivre l’enquête icigo, déclare ce puissant échantillon de la race humaine ; du moment que nous avons une chaude piste, il faut la continuer.
— Minute ! meuglé-je.
Mes deux éminents collaborateurs se pétrifient.
— Dites, les bonshommes, je pense à quelque chose.
— Donc, tu es, renchérit Pinaud qui a des lettres à défaut de caractère.
Je ne relève pas ce trait d’esprit.
— Les documents que nous avons récupérés étaient planqués dans le collier d’un chien boxer…
— On le sait, affirme Béru-la-Ganache.
— Il est probable que les mecs qui attendent les documents le savent itou. Conclusion, à défaut de leur collaboratrice décédée en cours de route, ils doivent surveiller le débarquement du gaille !
