N’écoutant que sa galanterie et se disant qu’une bonne action est parfois récompensée, Malko se précipita et ramassa la valise.

— Dobredin, dit-il en russe. Laissez-moi vous aider !

Leurs regards se croisèrent. Ce qu’il lut dans celui de la femme l’étonna un peu : au lieu d’exprimer de la reconnaissance, il trahissait surtout de la méfiance. Comme si elle avait interprété le geste de Malko comme une tentative de séduction.

Plantée en face de lui, elle dit d’une voix mal assurée.

— Spasiba, je vais me débrouiller.

Malko lui adressa son sourire le plus séduisant.

— Mais non, c’est trop lourd pour vous. Vous prenez un taxi ? Je vais vous la porter jusque-là…

L’inconnue hésita puis sembla se résigner et marmonna qu’on l’attendait dans le parking.

— Davai ! lança Malko, portant la lourde valise dans les bras et ouvrant la marche.

L’inconnue le dépassa, marchant d’un pas vif. En bordure du parking où les voitures étaient garées en désordre, elle s’arrêta, regarda autour d’elle et se faufila entre les véhicules, après avoir lancé à Malko :

— Cela ira. Vous pouvez la poser là. Spasiba, spasiba bolchoi.

Il posa la valise à terre et suivit la jeune femme des yeux. Elle s’arrêta devant une Golf noire d’où sortit un homme brun coiffé avec une raie au milieu, au nez très long et pointu. La cinquantaine, vêtu d’un costume cravate, style businessman des pays de l’Est, il échangea quelques mots avec la blonde, qui revint vers Malko. Elle empoigna à deux mains la valise, la souleva et lança à Malko avec un sourire un peu crispé :

— Dosvidania. Spasiba.

Elle se glissa tant bien que mal entre les voitures garées n’importe comment et Malko la vit déposer la grosse valise dans le coffre ouvert de la Golf.



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