— Niet, répéta Evguena Bogdanov en s’accrochant à lui. Tu ne sais même pas où aller.

— J’ai des copains à Dniepropetrovsk, je vais prendre le train pour là-bas. Allez, fous le camp !

Il lui saisit le bras pour l’écarter et Evguena comprit qu’elle allait perdre la partie. Elle non plus ne comprenait pas ce retard. Elle avait déjà touché 500 dollars pour donner l’hospitalité à Roman Marchouk, et en percevrait autant lorsque ceux qui l’avaient contactée pour aider Roman viendraient le chercher pour l’emmener en heu sûr. Pour elle, c’était beaucoup d’argent. Elle rêvait déjà d’aller à Novim Rokom, le grand magasin de Khres-chatik qui offrait des produits de beauté fabriqués à l’Ouest, hors de portée de la grande majorité des Ukrainiennes. Celles-ci devaient se contenter d’imitations qui donnaient parfois des boutons… Or, Evguena Bogdanov savait que si elle voulait mettre la main sur un homme riche, elle devait être très appétissante.

Ils ne lui restait plus qu’une carte à jouer. Au moment où Roman Marchouk la prenait par la taille pour la repousser, elle jeta ses deux bras autour de son cou, se colla à lui et lui décocha le regard chargé de luxure qu’elle utilisait pour draguer, à la Maison du Café. L’appel de la salope.

— Roman, fit-elle d’une voix très douce, il faut que tu attendes encore un peu. C’est dans ton intérêt. Je vais t’aider à patienter.

Tout en parlant, dressée sur la pointe de ses bottes, son visage tout près du sien, elle frottait doucement son ventre contre lui. Lorsque Roman Marchouk sentit cette chair tiède s’incruster à lui, il poussa un bref grognement et cessa de repousser la jeune femme. Machinalement, il plaqua une main sur la croupe moulée de cuir noir.

— C’est des conneries ! marmonna-t-il pour la forme.



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