La vague lui submergea le visage, puis se retira une seconde le temps que son nez se dégage et lui permette d’inspirer une goulée d’air. Alors le liquide remonta doucement, jusqu’à lui effleurer les narines, et se stabilisa à ce niveau.

Il retint son souffle.

Tout d’abord il avait souffert, quand ils l’avaient suspendu. Ses mains, étroitement emprisonnées dans des poches de cuir juste au-dessus de sa tête, étaient passées dans d’épaisses boucles d’acier serties dans la paroi et qui supportaient tout son poids. Ses pieds liés ensemble pendaient à l’intérieur d’un tube d’acier également attaché au mur de la cellule ; cela l’empêchait de prendre appui sur ses pieds et ses genoux, mais aussi de déplacer ses jambes de plus de quelques centimètres dans un sens ou dans l’autre. Le tube s’achevait juste au-dessus de ses genoux ; plus haut, seul un pagne mince et crasseux dissimulait la nudité de son vieux corps douteux.

Il avait mentalement écarté la souffrance que lui causaient ses poignets et ses épaules alors même que quatre gardes robustes (dont deux perchés sur des échelles) le fixaient en position. En même temps, il éprouvait au fond de son crâne une sensation insistante signifiant qu’il aurait dû souffrir. Mais elle s’était progressivement atténuée à mesure que le niveau de la fange s’élevait dans la petite cellule et, par la même occasion, soulevait tout son corps.

Il avait entrepris de se mettre en transe dès le départ des gardes, tout en sachant très bien qu’il n’y avait sans doute plus d’espoir. Cela n’avait pas duré bien longtemps : quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrait à nouveau, un garde abaissait une passerelle métallique sur le sol au dallage humide et une lumière émanant du couloir perçait l’obscurité de sa cellule. Il avait donc interrompu la transe de la métamorphose, et tendu le cou pour voir qui venait.



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