« J’espère vivre assez longtemps pour voir le jour où l’hitlérisme aura été écrasé et une Europe libre restaurée. »

Ainsi Chamberlain, l’un des artisans de Munich, changeait-il de camp. Devenu ardent adversaire de Hitler, il invitait Winston Churchill à faire partie du Comité de guerre comme Premier lord de l’Amirauté.

Mais il était trop tard pour sauver la Pologne.

Depuis le 1er septembre, Varsovie est écrasé sous les bombes. Le chaos règne. Les habitants égarés errent dans une ville, un pays qui ne sont plus que ruines. Quelques heures auparavant, c’était encore la paix. On se serrait dans les cafés bondés. On riait. On dansait. On se moquait des discours de Hitler qui n’étaient que rodomontades. Et maintenant « on tâtonne dans les ruines des maisons éventrées et des rues déchirées, dans une atmosphère de poussière, de fumée de mort et d’ultime défaite ».

Que peuvent les cavaliers polonais contre les chars du général Guderian ? Mourir.

En quelques jours, la Pologne s’effondre.

C’est un hiver précoce qui empoigne l’Europe à la gorge.

On ne veut pas écouter les cris des Polonais, humiliés, assassinés.

On détourne les yeux pour ne pas voir les Juifs des ghettos traqués, massacrés, jetés dans des fosses communes. Seuls quelques hommes osent tirer la leçon de cette Blitzkrieg. Churchill s’époumone :

« On ne comprend pas en France et en Angleterre les conséquences de ce fait nouveau qu’il est possible de conduire des véhicules blindés capables de résister à un feu d’artillerie et de parcourir des avancées de plus de 150 kilomètres par jour. »

En France, le colonel Charles de Gaulle, dont le caractère et les écrits ont suscité d’âpres controverses, tente depuis des années de faire partager la même conviction. Il commande les chars de la 5e armée à Wangenbourg, au sud de Saverne, avec mission de défendre l’Alsace en arrière de la ligne Maginot.



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