
« Meilleurs vœux, télégraphie Hitler, pour votre bonheur personnel ainsi que pour la prospérité future des peuples de l’amicale Union soviétique. »
Et Staline répond :
« L’amitié des peuples d’Allemagne et d’Union soviétique, cimentée par le sang, a toutes raisons d’être durable et solide. »
Qui peut être dupe ?
Mais il faut, aussi longtemps que la France et l’Angleterre restent puissantes et donc menaçantes à l’ouest, donner des gages à ce barbare géorgien, plus tsar qu’un Russe. Alors, on lui vend ce qu’il réclame, du matériel de guerre, des machines pour fabriquer balles et obus, navires de combat. Et en échange, il cède le blé de l’Ukraine, le pétrole du Caucase, les minerais précieux de l’Oural.
Et ce commerce, cette apparente bonne entente indignent certains dignitaires nazis, des officiers de la Wehrmacht, ou ce Mussolini, qui n’a même pas osé entrer en guerre. Mais cet aveu de faiblesse n’empêche pas le Duce de faire la leçon, et même de menacer.
Hitler, furieux, a lu la lettre que Mussolini lui a adressée le 3 janvier :
« Sans un coup de feu, écrit le Duce, la Russie a tiré profit de la guerre en Pologne et dans les régions de la Baltique. Mais moi, un révolutionnaire-né, je vous dis que vous ne pouvez sacrifier en permanence les principes de votre révolution aux exigences tactiques d’une certaine période politique… C’est mon devoir d’ajouter qu’un pas de plus dans vos relations avec Moscou aurait des répercussions catastrophiques en Italie… »
Il faut agir à l’ouest, sous peine de s’enliser, de perdre l’élan qui a balayé la Pologne. Il faut conserver la même force. Et, dans un assaut fulgurant, briser la France et contraindre le Royaume-Uni à la négociation et à la paix. Que l’Angleterre se désintéresse de l’Europe continentale où le Reich doit seul régner.
Hitler, le jour de l’an, s’adresse au peuple allemand.
