Il les interroge, écoute leurs réponses. C’est lui seul qui décidera.

Voilà des semaines qu’il hésite.

Il voulait lancer l’offensive au début décembre. Mais il a dû y renoncer tant les conditions météorologiques étaient mauvaises. Ce blizzard et ces bourrasques de neige rendaient impossibles toutes les opérations aériennes. Il a fallu attendre.

Et subir, n’avoir à opposer que des mots aux cris de triomphe des Anglais. Les croiseurs et destroyers de la Royal Navy ont traqué dans l’Atlantique Sud le cuirassé de poche Graf Spee. Ils l’ont acculé dans le Rio de la Plata et, le 18 décembre, le capitaine Langsdorff qui commande le navire a décidé de le saborder et de se suicider.

Hitler n’a que mépris pour cet officier qui n’a pas combattu jusqu’au bout, qui certes a sauvé son équipage et transbordé à bord d’un ravitailleur allemand, l’Altmark, les prisonniers anglais qui se trouvaient à bord du Graf Spee. L’Altmark, qui a pu échapper au blocus anglais, a rejoint l’Atlantique Nord, mais l’échec ne peut être dissimulé.

Hitler a le sentiment que l’inaction sur le front ouest lui fait perdre les bénéfices de l’écrasement de la Pologne.

Staline, Géorgien retors et tsar impitoyable, est rusé comme un renard, déterminé comme un grand carnassier. Il arrache dans les négociations commerciales avec le Reich avantage sur avantage, et sur le terrain pousse l’Armée rouge vers les pays Baltes, la Finlande. Il met en coupe réglée les territoires polonais qu’il a envahis en application des protocoles secrets joints au traité de non-agression germano-soviétique.

Et cependant, il faut le ménager, célébrer avec lui l’année quarante.



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