
« La comédie est terminée », note le général Georges qui commande le corps d’armée ayant fait mouvement vers la Belgique.
On a frissonné quelques jours, une semaine du mercredi 10 au 17 janvier, puis l’attentisme l’emporte de nouveau. L’alerte est oubliée. Les plans élaborés sont maintenus, comme si la connaissance des projets allemands n’avait rien apporté. On n’entrera en Belgique que si le roi en fait la demande.
Et tant pis si la manœuvre, avec des Allemands ayant violé la neutralité belge et néerlandaise, est trop tardive, exposée aux attaques aériennes, si la Belgique devient une nasse pour les divisions alliées.
« Tant pis », répète le généralissime Gamelin.
Tant mieux, pense le Führer.
À l’annonce que les plans de l’offensive étaient tombés aux mains de l’ennemi, Hitler est resté calme, maître de lui, le plus souvent silencieux, ne répondant pas aux sollicitations des dignitaires nazis.
Mais il veut écouter le chef d’état-major du général von Rundstedt, Erich von Manstein, qui propose de changer le plan d’offensive, dévoilé maintenant, mais surtout trop classique, copie à gros traits du plan du général Schlieffen appliqué en 1914.
Manstein propose de porter l’effort principal de l’offensive sur les Ardennes, réputées infranchissables par les blindés.
Il a interrogé le général Guderian, puis convaincu le général von Rundstedt.
Au quartier général de l’armée – l’OKH –, les généraux Brauchitsch et Halder sont réticents devant ce jeune général qui bouleverse leur stratégie. Ils décident de le muter de son poste et de l’envoyer commander une unité d’infanterie, loin du quartier général.
