
Et l’on rêvait de révolution communiste, à Berlin, à Munich, à Rome.
Ainsi, la guerre mondiale à peine close accouchait-elle du rêve de la révolution bolchevique mondiale.
On regardait le « soleil » de l’Égalité se lever à l’est, on fondait dans tous les pays des partis communistes. On voulait renverser ces pouvoirs, ce système capitaliste, qui avaient provoqué la guerre mondiale.
Face à ce projet, un autre camp, celui de l’ordre, de la défense de la patrie, se raidissait.
Dès 1919, un agitateur socialiste italien, Benito Mussolini, fondait le Parti fasciste, patriote, regroupant des dizaines de milliers d’anciens combattants.
En octobre 1922, au terme d’une Marche sur Rome, il devenait chef du gouvernement.
Il créait le premier État fasciste, « totalitaire » – ce mot inventé par les Italiens.
À Munich, le 9 novembre 1923, Adolf Hitler et son parti national-socialiste tentaient un putsch, qui échoua.
Tous les germes des conflits futurs sont semés.
Le rêve de paix et de Société des Nations – une institution à laquelle les États-Unis refuseront d’adhérer et qui a été créée pour empêcher que les conflits ne donnent naissance à la guerre – s’éloigne.
Clemenceau, qui avait à partir de 1917 dirigé le gouvernement français, l’avait dit en 1918 : « Et maintenant il faut gagner la paix. C’est peut-être plus difficile que de gagner la guerre. Il faut que la France se ramasse sur elle-même, qu’elle soit forte et disciplinée. »
Clemenceau ajoutait, s’adressant aux Anglais et aux Américains :
« Il faut que l’Alliance dans la guerre soit suivie de l’indéfectible alliance dans la paix ! »
Il suffit de quelques mois, pour que, dès les années vingt, les souhaits de Clemenceau ne soient plus que cendres.
