
Il pense au commandant d’Estienne d’Orves qui a débarqué le24 décembre de Bretagne avec son radio, Marty, pour une mission derenseignement.
De Gaulle et le BCRA ont tenté de dissuader l’officier demarine tant l’entreprise était périlleuse.
Mais le 25 décembre, jour de Noël, d’Estienne d’Orves aétabli sa première liaison et annoncé qu’il partait pour Paris.
« Que de vies qui s’offrent ! Que de vies que laguerre va trancher ! »
La journée du mercredi 1er janvier 1941 s’achèveet ce n’est que dans la nuit, puis les jours suivants, que les renseignementsaffluent de France.
Les rues se sont vidées, le mercredi 1er janvier.Un témoin raconte ce qu’il a vu à Quimper :
« À trois heures moins le quart, les promeneurs sepressent en foule dans toutes les rues. À trois heures moins cinq, il n’y aplus personne et derrière les fenêtres du rez-de-chaussée, de part et d’autrede la rue, des gens font signe aux promeneurs attardés de se hâter et leurmontrent l’heure. Après trois heures, les invitations se font plus pressanteset les gestes deviennent menaçants…
« Et à quatre heures, comme à la sortie d’une classe, lafoule se précipite en riant et se bousculant de joie dans les rues… »
« Désormais, il est prouvé que ceux qui parlent au nomde la France écrasée et bâillonnée, ce ne sont ni les infâmes journaux, ni lespostes de radio contrôlés par l’envahisseur, ni les ministres qui, à Vichy, sedisputent les apparences du pouvoir.
« Ceux qui parlent au nom de la France, ce sont lesFrançais Libres. »
Ainsi s’exprime de Gaulle, le jeudi 9 janvier 1941.
Il sait que les résistants qui agissent en France, au périlde leur vie, trouvent que ce « plébiscite du silence » est unemanifestation bien passive.
Mais c’est une manière d’exprimer qu’il existe une autre voieque celle de l’abandon et du désespoir.
