« Comprenez, dit Churchill à de Gaulle, que lebombardement d’Oxford, de Coventry, de Canterbury, provoquera aux États-Unisune telle vague d’indignation qu’ils entreront dans la guerre. »

Illusion, Roosevelt tient compte de l’état de l’opinion, décidéeà rester hors du conflit.

Le président agit donc avec prudence, décidé à aider l’Angleterresans s’engager directement dans la guerre.

Churchill lui adresse lettre sur lettre.

Le 7 décembre 1940, il dicte au cours de deux nuits unelongue missive dont l’argumentation, le ton résolu mais aussi pathétiquedoivent bouleverser Roosevelt, lui expliquer en détail ce que l’Angleterreattend des États-Unis. Des armes, des tanks, des navires, deux mille avionssupplémentaires chaque mois.

Car il y a communauté d’intérêts entre l’Angleterre et lesÉtats-Unis.

« Soyez assurés que nous sommes prêts aux souffranceset aux sacrifices ultimes dans l’intérêt de la Cause et que nous nous faisonsgloire d’en être les champions, écrit Churchill.

« Si comme je le pense, vous êtes convaincu, monsieurle Président, que la défaite de la tyrannie nazie et fasciste est une affairesuprêmement importante pour les États-Unis et l’hémisphère occidental, vousvoudrez bien considérer cette lettre non comme un appel à l’aide mais comme l’énoncédes mesures minimales nécessaires à l’accomplissement de notre tâche commune. »

Roosevelt est touché, se tourne vers l’opinion publique, affirmantdans de nombreuses interventions que le meilleur moyen pour les États-Unis dene pas entrer en guerre, c’est d’aider « les nations qui résistent auxattaques de l’Axe plutôt que d’accepter leur défaite ».



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