Le 5 janvier 1941, il désigne un ambassadeur auprès du…maréchal Pétain. Ce sera l’amiral Leahy, dont la mission est de conforter legouvernement de Vichy, afin qu’il reste hors du conflit.

Le 6 janvier, il envoie à Londres l’un de ses plusproches conseillers, Harry Hopkins, chargé d’évaluer les besoins anglais et demesurer la capacité de Churchill à résister à l’Allemagne.

Harry Hopkins est entraîné par l’énergique tourbillon queprovoque Churchill. Il est séduit, admiratif, convaincu qu’il faut aider l’Angleterre,lui fournir des destroyers, des tanks, des hydravions, des bombardiers B17.

Si les Anglais ne peuvent payer, ils régleront leurs dettesplus tard.

Roosevelt le confirme dans une allocution :

« Imaginez que la maison de mon voisin soit en feu etque j’aie un tuyau d’arrosage, dit-il, je ne vais pas le lui vendre, je le luiprêterai et il me le rendra lorsque son incendie sera éteint. »

On passe ainsi de la loi Cash and Carry à la loi Prêt-Bailadoptée en mars 1941 par le Congrès.

C’est un grand pas vers la participation des États-Unis à laguerre.

Et la conviction, l’obstination, l’intelligence, la foi deChurchill ont joué un rôle déterminant dans l’évolution de Roosevelt.

« Les gens sont stupéfiants, écrit Hopkins au président.Et si le courage suffisait pour gagner une guerre, ce serait déjà chose faite. Legouvernement, c’est Churchill, lui seul assume la direction de la hautestratégie et il veille souvent aux détails. Jamais il ne flanche, jamais il netrahit le moindre découragement.

« Jusqu’à quatre heures du matin, il a arpenté la pièceoù nous étions, m’exposant ses plans offensifs et défensifs. C’est la forcemotrice qui anime pour l’essentiel la stratégie et la conduite générale de laguerre. »

Il est la figure de proue du peuple anglais dont Hopkinsexalte le courage et la volonté de résistance.



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