
« Je suis colossalement humain. Au temps de la dominationpapale à Rome, les Juifs étaient maltraités. Tous les ans jusqu’en 1830, huitJuifs étaient tramés en parade à travers la ville par des ânes. Tout ce que jedis, c’est qu’ils doivent partir. Si l’opération entraîne leur mort, je ne peuxrien y faire. Je n’envisage l’extermination totale que s’ils refusent de partirde leur plein gré. »
Hitler s’interrompt, dévisage Himmler et Lammers. Ces troishommes savent qu’aucune issue n’est offerte aux Juifs.
Hitler hausse la voix, serre le poing, le brandit.
« Pourquoi devrais-je considérer le Juif commedifférent d’un prisonnier russe ? Beaucoup meurent dans les camps deprisonniers parce que nous avons été réduits à cette situation par les Juifs. Maisque puis-je y faire ? Pourquoi les Juifs ont-ils déclenché la guerre ? »
Le 26 janvier, les trente exemplaires du Protocoleclassé « secret du Reich » sont expédiés.
Goebbels note dans son journal :
« Le Führer est déterminé à nettoyer les Juifs enEurope sans le moindre scrupule. Il est inadmissible d’éprouver des émotionssur ce point. Les Juifs ont mérité la catastrophe qu’ils vivent aujourd’hui. Toutcomme nos ennemis sont anéantis, eux aussi connaîtront leur propreanéantissement. Nous devons accélérer le processus en nous montrant froids etinflexibles, nous rendons ainsi un service inestimable à une race humaine quela juiverie tourmente depuis des millénaires. »
À Paris, en cette fin janvier 1942, les conférences donnéesà l’institut allemand sur l’histoire du Reich et la construction d’un Ordrenouveau en Europe sont, comme les réceptions de l’ambassade d’Allemagne, trèscourues.
