Il faut donc les tuer.

À Wannsee, après l’exposé de Heydrich, la discussion portesur les couples mixtes, les questions de transport.

Le secrétaire d’État Doktor Bühler, représentant leGouvernement général de Pologne, « indiqua qu’on saluerait, auGouvernement général, le fait de commencer la solution finale dans leGouvernement général, car le problème du transport ne se poserait pas, et quesur les deux millions et demi de Juifs, la majorité était inapte au travail ».

Donc voués à l’extermination immédiate.

« En conclusion, note Eichmann, il ressortit qu’onétait d’avis qu’il fallait mener immédiatement dans les territoires en questionles travaux préparatoires au déroulement de la solution finale, en évitantcependant de provoquer l’inquiétude de la population. »

En mettant un terme à la réunion, l’ObergruppenführerHeydrich « demande aux participants de lui accorder tout leur soutien dansl’exécution des tâches décidées ».

On se lève, on quitte la table, on se congratule, on passedans un salon, on bavarde debout devant la cheminée, où crépite un grand feu.

Des serveurs SS offrent eau-de-vie et cigares.

Heydrich est entouré. Il a montré qu’il était devenu l’undes personnages centraux du nazisme, imposant son autorité à Hans Frank qui està la tête du Gouvernement général de Pologne. L’Obergruppenführer qu’aucun desparticipants n’a jamais vu boire ou fumer prend un cigare, boit un verre decognac. Il se montre presque familier avec Eichmann.

Ce sont bien les SS qui ont avec Heydrich pris en main la « solutionfinale », qui devient le ressort central du régime nazi ; elle est dansl’esprit de Hitler l’essence même de la guerre, l’une et l’autre s’engendrantmutuellement.

Le 25 janvier 1942, Hitler dit à Himmler, le chef desSS, et à Lammers, qui dirige la Chancellerie du Reich :



23 из 237