
« Pendant la guerre de 14-18 j’ai eu souvent le mêmeétat d’âme. Mais un soldat doit apprendre que mourir est la chose la plusnaturelle dans une guerre. Si nous ne voulons pas que la mort prennecomplètement possession de nous, nous devons l’accepter comme une chosenaturelle qui peut frapper à chaque instant, soit chez nous-mêmes, soit cheznos bons camarades. Et si elle frappe, nous ne devons pas y prêter attention sinous voulons tenir le coup dans cette guerre jusqu’au bout. »
La mort avide parcourt les continents et les océans.
On meurt dans les vagues glacées de l’océan Arctique, onmeurt les yeux brûlés par le pétrole dans l’océan Pacifique et l’océan Indien. Lesmeutes de sous-marins allemands déciment les convois qui, partant deMiddlesbrough, se dirigent vers Mourmansk.
Les avions japonais coulent les cuirassés anglais. Et lesfantassins nippons débarquent à Bornéo, aux Philippines, en Indonésie, menacentManille, Singapour, Batavia.
Ce sont, sur tous ces théâtres d’opérations, des combattantset encore plus d’innombrables civils que la mort engloutit.
La guerre devenue mondiale est aussi devenue totale : « Totalkrieg ».
On massacre les civils, on extermine les Juifs, on laissemourir de faim les prisonniers russes ou on les abat par milliers.
On brûle les villages et leurs habitants. On bombarde lesvilles pour terroriser les peuples.
En ce 1er janvier 1942, la Luftwaffe attaque –comme chaque jour – les villes anglaises. Et la Royal Air Force prend pourcible Berlin, et les cités de la Ruhr.
Leningrad encerclée est détruite par l’artillerie. Et lessurvivants y meurent de faim.
Cette Totalkrieg en ce début d’année 1942, chacunparmi les chefs d’État sent bien qu’aucune paix de compromis ne pourra l’interrompre.
Seule la capitulation sans condition de l’Allemagne naziepeut mettre fin au conflit. Interviendra-t-elle en 1942 ?
