Ces Nations unies s’engagent à ne pas signer d’armistice nide paix séparée.

Les diplomates de ces vingt-cinq nations se rassemblentautour de Roosevelt dans l’un des grands salons de la Maison Blanche. Lesvisages sont graves.

Personne ne doute ni de la détermination de Hitler ni de lapuissance que représente la « tyrannie nazie » alliée au Japon.

On sait que la guerre est pleine d’aléas, que rien n’estjamais joué. L’année 1942 paraît donc longue et incertaine.

Seules certitudes : la mort décimera les peuples. Lessouffrances seront immenses. Et les châtiments devront être à la mesure descrimes commis.

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L’homme qui, en cette matinée du jeudi 1er janvier1942, marche seul, courbé, tenant son chapeau à deux mains, tant le mistralsouffle fort sur la Provence, c’est Jean Moulin.

Il se dirige vers le village de Saint-Andiol situé àquelques kilomètres d’Arles. Là est sa maison familiale. Personne ne s’étonnerade le voir. Il poussera les volets, il se rendra chez les Raybaud, qui habitentaux confins du village. On l’invitera à partager le repas du jour de l’an,« puisque vous êtes seul, monsieur Jean ». Il acceptera.

Qui pourrait imaginer qu’il vient d’être parachuté non loinde la bastide de la Lèque avec deux agents des services secrets de la FranceLibre ? L’un, Raymond Fassin, sera officier, l’autre, Hervé Monjaret, serale radio de la mission, chargé d’établir la liaison entre la France et Londres.

Ils ont pris des routes séparées afin d’éviter d’attirer l’attention.Mais Monjaret semble s’être perdu puisqu’il n’était pas au point de rendez-vous,situé au-delà du village d’Eygalières.

Moulin l’a attendu en grelottant de froid, car il a touchéle sol dans un marécage et s’y est enfoncé jusqu’à mi-cuisse. En se libérant duparachute, il a perdu sa boussole, son Colt. Mais il a gardé serrée dans sonpoing la petite boîte métallique qui contient la pastille de cyanure.



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