
Selon Rommel, parce que tout l’effort de l’Allemagne a étéconsacré au front de l’Est il n’a pu qu’organiser la retraite, jusqu’enTripolitaine. Et, en ce début du mois de janvier 1943, s’il a réussi àreconstituer une ligne de défense, il sait qu’il ne pourra résister à laprochaine offensive anglaise.
Il se souvient d’avoir écrit à son épouse le 30 décembre1942 :
« Je n’ai pas le moindre doute sur son issue, lesforces sont trop inégales. Le ravitaillement est presque tari. L’essence manque.Il nous faut à présent nous rendre à l’inévitable et souhaiter que Dieu veuilleencore une fois soutenir notre cause. Je suis allé hier sur le front et j’yretourne aujourd’hui.
« Sur le chemin a surgi notre dîner sous la forme d’unebande de gazelles. L’un des interprètes de l’état-major de l’armée blindée, Armbruster,et moi-même réussissons l’un et l’autre à en abattre une du haut de nosvoitures en marche. »
Voilà de quoi faire un « ragoût de gazelle » pourles dîners de cette période de fêtes.
Fêtes ?
« Il fait froid et venteux ! »
Et Rommel ne peut chasser de son esprit l’inquiétude qui l’étreint.
Il y a eu la défaite d’El-Alamein puis le débarquement desAméricains en Afrique du Nord, l’installation à Alger du général Giraud qui, aprèss’être évadé de son « oflag », avoir fait acte d’allégeance à Pétain,s’est rendu en Algérie, a rallié aux Américains les troupes françaises.
Heureusement, l’état-major allemand a réagi avec promptitude,réussissant à débarquer des troupes en Tunisie.
Rommel envisage déjà d’être contraint de faire retraite deTripolitaine et de Libye, jusqu’à la Tunisie.
Mais quel sera l’avenir des forces allemandes enMéditerranée ? Quel sera l’avenir du Reich, alors que plus de 100 000 hommesde la VIe armée du général Paulus sont encerclés à Stalingrad, etdes centaines de milliers d’autres attaqués par les Russes au Caucase, dans larégion du Don ?
