
Partout, des fosses étaient creusées.
Et les Allemands, méthodiques, en avaient relevé l'emplacement.
En ce début de l'année 1944, parce que l'armée Rouge avance, pénètre en Biélorussie, en Ukraine, et bientôt en Pologne, les nazis constituent des « brigades de la mort ».
Composées de déportés, elles déterrent les victimes des Einsatzgruppen.
Il faut effacer les traces des massacres.
On brûle les corps décomposés en de grands bûchers qu'on arrose d'huile et d'essence pour que le feu dévore ces hommes, ces femmes, ces enfants, et les martyrise une seconde fois.
Puis on répand leurs cendres comme on sème.
Et on tue et enfouit les membres des « brigades de la mort ».
Dans certains pays, on fait appel à des fossoyeurs de métier.
Ils inhument les centaines d'otages que les Allemands fusillent après chaque attentat.
En France, l'occupant laisse parfois les miliciens de Joseph Darnand constituer des cours martiales qui condamnent à mort en quelques minutes.
On abandonne les corps torturés sur le bord d'une route, dans un hangar dont les murs sont criblés de balles.
Souvent, on ignore le nom de ces martyrs, dépouillés de leurs papiers d'identité.
Aucun pays n'échappe, en 1944, à cette barbarie.
Elle règne en Italie du Nord, dans la vallée du Pô, sur les rives du lac de Côme ou de Garde.
Là, autour de Mussolini, les fascistes ont organisé, à Salò, une République Sociale que surveillent les SS du général Wolf.
Les partisans de cet État fantoche, ces Repubblichini, veulent un Grand Procès de la Vengeance afin d'envoyer à la mort les dignitaires du régime fasciste qui ont obtenu, le 24 juillet 1943, la démission de Mussolini et provoqué ainsi la fin de l'État fasciste.
