
« Pour moi Ciano est mort depuis longtemps. »
Edda, la fille de Mussolini qui a épousé le comte Ciano, tente avec l'aide de Frau Beetz d'obtenir la vie sauve pour son mari ; avec une énergie désespérée, elle multiplie les démarches. Elle écrit au Führer, au Duce, propose les documents qu'elle détient contre la grâce de Ciano.
« Duce, écrit-elle à son père.
« J'ai attendu jusqu'à aujourd'hui que tu me témoignes un minimum de sentiments d'humanité et d'amitié. Maintenant, c'est trop. Si Galeazzo n'est pas en Suisse dans les trois jours selon les conditions que j'ai fixées avec les Allemands, tout ce que je sais, avec preuves à l'appui, je l'emploierai sans pitié. Dans le cas contraire, si nous sommes laissés en paix et en sécurité (de la tuberculose aux accidents d'auto), vous n'entendrez plus parler de moi.
« Edda Ciano. »
Mussolini, au milieu de la nuit, téléphone au général Wolf pour demander conseil.
Le général refuse de prendre position et se contente de retirer pour quelques heures les deux SS qui sont en faction devant la cellule n° 27, celle du comte Ciano.
Mais il est trop tard pour que Mussolini prenne seul une décision. Il lui est plus facile de laisser se dérouler les événements, sans intervenir. Il attend.
Déjà, à la prison des Scalzi, Don Chiot et le franciscain Dionizio Zilli s'emploient à consoler les prisonniers qui sont réunis dans une seule cellule. Ciano au dernier moment a tenté de s'empoisonner, mais la drogue fournie par Frau Beetz est inoffensive.
À 5 heures du matin, le 11 janvier 1944, les prisonniers sont réveillés et l'attente commence.
Marinelli se lamente faiblement, affaissé. C'est une aube glaciale d'hiver qui dure. Et la longueur même de l'attente redonne de l'espoir ; tous ont formulé une demande de grâce, peut-être Mussolini l'a-t-il acceptée ?
