
Au quartier général de Kesselring, les officiers d'état-major reçoivent même l'ordre de préparer leur départ dans les quatre heures.
Mais bien vite l'espoir ou la peur retombent.
Sur les routes autour de Rome et dans les gares, on voit passer, dès la nuit tombante, les lourds convois militaires qui ramènent de France, des Balkans ou du nord de l'Italie cinq divisions d'infanterie allemande.
L'excessive prudence des Alliés qui n'ont pas exploité l'effet de surprise a favorisé l'habile Kesselring : le débarquement a réussi, mais n'a créé qu'une tête de pont. Le 17 février 1944, la Wehrmacht lance sa première contre-attaque sur tout le front Anzio-Nettuno.
Pour les fascistes, c'est un nouveau répit. Derrière les fronts stabilisés, ils peuvent faire face à leurs adversaires : les partisans.

Partout en effet, dans ce pays montagneux qu'est l'Italie, les partisans se sont organisés.
Brigades Garibaldi du Parti communiste (novembre 1943) dont le commandement général est à Milan, Groupes d'Action Patriotique (SAP) étendent leurs opérations ou multiplient les attentats.
Dès la fin de novembre 1943, près de vingt-huit hiérarques sont tombés sous les coups des gappisti qui tuent à l'arme blanche, dans la rue, s'enfuient à bicyclette ; beaucoup de ces tueurs ont servi en Espagne ou même dans les Francs-Tireurs et Partisans Français.
Le 19 décembre, le Federale du Parti fasciste de Milan, Resega, est abattu ; le 14 avril 1944, c'est le tour de l'idéologue du parti, le philosophe Gentile, à Florence.
Pour les journaux fascistes et pour les Allemands, il s'agit là de simples assassinats, d'actes criminels qui n'ont rien à voir avec la guerre. Des résistants condamnent aussi ces méthodes car des otages paient chaque fois de leur vie l'attentat réussi.
