
— Monsieur Peufroy dit-il le plus suavement possible, vous avez mal compris la question du général Radford. Il l’a posée dans l’intérêt de Foster Hillman pour lequel nous avons tous deux la plus grande estime…
Cette tirade ne calma pas le congressman. Trépignant sur place, il continuait de glapir :
— Je veux voir Foster Hillman. Immédiatement.
Soudain, Radford déplia ses formes éléphantesques. Il dominait Peufroy de vingt bons centimètres. Ses énormes sourcils noirs lui donnaient l’air si menaçant que Malko craignit qu’il ne jetât le congressman par la fenêtre. Mais il se pencha seulement sur Peufroy à le toucher et dit d’une voix contenue de rage :
— Alors, vous voulez voir Foster Hillman ?
— Oui, dit fermement Peufroy, drapé dans sa dignité.
— Eh bien, vous allez le voir ! Et tout de suite. Suivez-moi.
Il fit le tour de son bureau et prit Peufroy par le bras, le tirant littéralement. Pas rassuré, le petit congressman jeta un regard implorant à Malko.
Le bureau était situé au sixième étage. Le chef adjoint de la C.I.A., traînant toujours Peufroy par le bras, s’engouffra dans un ascenseur qui arrivait justement et appuya sur le bouton du quatrième sous-sol. Ils arrivèrent devant une porte fermée à clef. Radford appuya sur un bouton et un guichet métallique coulissa au milieu du panneau. Reconnaissant Radford, l’homme qui était derrière la porte ouvrit, libérant une bouffée d’air glacial. Peufroy ne disait plus rien. La pièce était nue, les murs laqués de blanc, et les seuls meubles étaient un distributeur de Coca-Cola et une civière métallique. Le mur du fond était divisé en seize casiers un peu comme des portes de coffre-fort, avec chacun une poignée.
L’homme qui avait ouvert se tenait respectueusement devant Radford.
