
Le tout, pour déceler, plus tard, les témoignages hésitants. Mais le brave Peufroy ignorait heureusement tout cela.
— Je suis à votre disposition, répondit-il. Du moins, se hâta-t-il ! d’ajouter, dans les limites de ma compétence. Car je n’approuve pas toujours les initiatives de votre Agence…
Le général Radford regretta une courte seconde de ne pas avoir le pouvoir de faire fusiller Peufroy et dit onctueusement :
— Il s’agit de quelque chose de… plus anodin. Néanmoins, je vous demande de garder le secret le plus absolu sur tout ce qui pourra être dit au cours de notre conversation.
— Bien sûr, bien sûr.
— Bon.
Radford s’éclaircit la voix :
— Vous connaissez très bien, je crois, Foster Hillman, qui est le patron de notre Agence ?
Peufroy gonfla la poitrine et se rengorgea.
— Il m’honore en effet de son amitié. Depuis près de vingt ans. Mais pourquoi…
C’était l’instant délicat. Radford plongea, les doigts crispés sur son cigare. Les chemins détournés n’étaient pas son fort :
— Connaissez-vous quelqu’un dans sa vie privée, euh ! une femme à qui il tiendrait beaucoup ?
— Une femme ?
Brice Peufroy montra ses dents en or dans une grimace d’étonnement, resta une seconde la bouche ouverte, puis vira au violet et sauta de sa chaise :
— Qu’est-ce que c’est que cette infamie, vociféra-t-il. Je veux voir Foster Hillman immédiatement.
Il redressa sa petite taille et se pencha sur le bureau de Radford :
— Vous m’entendez. Je veux voir Foster. Je vais lui dire que, que… – il en bégayait d’indignation… – ses subordonnés enquêtent sur sa vie privée… C’est une infamie, répéta-t-il d’un ton pénétré. Une infamie ! Malko s’interposa :
