
Un peu plus et il le menaçait de la chambre à gaz… Peufroy hocha la tête, terrorisé. Il était prêt à n’importe quoi.
— Que voulez-vous savoir ? demanda-t-il. Radford répéta lentement sa question :
— Y a-t-il une femme dans la vie de Foster Hillman pour laquelle il serait prêt à tout risquer ?
On aurait entendu la glace fondre dans les verres de scotch. Peufroy répéta à mi-voix :
— Une femme… Puis il secoua la tête.
— Je ne vois pas de femme, Général. Foster était un homme d’une droiture et d’une intégrité parfaites. Lorsque Madge, son épouse, est morte d’un cancer, sa vie sentimentale s’est arrêtée. Il aurait pu se remarier, nous en avons souvent parlé, mais sa conscience le lui interdisait. Il n’y avait que son travail…
Radford insistait, ses petits yeux noirs brillant derrière ses sourcils broussailleux.
— Vous le voyiez souvent ? Cela aurait-il pu vous échapper ? Peufroy reprenait un peu d’assurance.
— Impossible, dit-il. Washington est une petite ville. Tout se sait et les gens sont mauvaise langue. Foster n’avait personne dans sa vie. Personne.
Radford frappa le bureau du plat de sa main.
— Si, bon sang ! Il y a une fille dans cette histoire !
Ce fut comme s’il avait donné un coup de pied à Peufroy. Le petit congressman se souleva de son fauteuil, renversant une partie de son précieux whisky :
— Ce n’est pas une fille, c’est sa fille, général Radford ! La mâchoire de Radford sembla se décrocher.
— Sa fille ? Mais il ne nous a jamais parlé de sa fille. Personne n’est au courant. Les notices mondaines font bien mention d’une fille, mais elle est morte, il y a huit ans dans un accident.
Brice Peufroy secoua la tête, tristement.
— Elle n’est pas morte. C’est ce que Foster disait à tout le monde. Mais nous étions quelques intimes à savoir la vérité. Je vais vous la dire.
