— Mais enfin que s’est-il passé ? demanda-t-il.

— Rien, dit Radford. En ce qui vous concerne, c’est terminé à moins que vous n’ayez encore quelque chose à nous dire sur la fille de Foster Hillman.

— Je ne vois rien. Non, rien.

— Bon.

Radford ouvrit un tiroir et en sortit une bible qui avait connu des jours meilleurs.

— Monsieur Peufroy, dit-il, voulez-vous jurer sur la Bible de ne rien révéler à personne, jamais, de cette entrevue ? Et de ne dire à personne que Foster Hillman est mort.

Peufroy jura, étendant la main droite sur le Livre sacré. Sa voix avait retrouvé son calme.

— Je vais vous faire raccompagner, dit Radford. Nous vous remercions.

Il avait déjà ouvert la porte. Le congressman le suivit docilement après avoir salué Malko et Donovan. En serrant la main de Radford, il demanda timidement :

— Pouvez-vous me dire, euh ! comment Foster est mort ? Radford secoua lentement la tête.

— Non.

Peufroy s’éloigna, sans comprendre pourquoi il y avait des larmes dans les yeux du général Malwin Radford, directeur adjoint de la C.I.A.

Il subodorait quelque histoire horrible. Il était encore très loin de la réalité.


* * *

Radford avait éclaté, à peine la porte fermée. La tête dans ses mains, il jurait à mi-voix. Donovan interrompit la litanie :

— Général, qu’avez-vous l’intention de faire ?

Le général Radford le regarda sans comprendre :

— Comment ? De faire ? Retrouver cette pauvre fille, la mettre en lieu sûr et payer une sacrée valse aux ordures qui ont monté ce coup. Donovan le regardait, l’air pensif :

— Si l’histoire de notre ami se vérifie, dit-il, il semblerait que nous soyons en présence d’une habile tentative de chantage. Un service que nous présumons ennemi a connu le drame de Foster Hillman et a voulu se servir de sa fille pour obtenir des documents ou des renseignements…



52 из 192