
« Voyez comme le petit crocodile
Sait faire briller sa queue
En répandant l’eau du Nil
Sur ses écailles d’or!
Comme gaiement il semble sourire,
Comme il écarte bien ses griffes,
Comme il accueille les petits poissons
En ses ensorcelantes mâchoires!
Je suis sûre que ce ne sont pas les mots qu’il faut», soupira la pauvre Alice; et ses yeux s’emplirent à nouveau de larmes tandis qu’elle poursuivait: «Après tout, je dois être Mabel; il va falloir que j’aille habiter cette misérable petite maison, et je n’aurai quasiment pas de jouets, et – oh! – tant de leçons à apprendre! Non, ma décision est prise: si je suis Mabel, je reste ici! On aura beau pencher la tête vers moi en disant – Allons, remonte, ma chérie! – je me contenterai de lever les yeux et de répondre – Dites-moi d’abord qui je suis: si cela me plaît d’être cette personne-là, alors je remonterai; sinon, je resterai ici jusqu’à ce que je sois quelqu’un d’autre… – mais, oh! mon Dieu! s’écria-t-elle en fondant brusquement en larmes, je voudrais bien qu’on se décide à pencher la tête vers moi! J’en ai tellement assez d’être toute seule ici!»
