
Votre lettre a fait pleurer ma mère… Elle vous embrasse… elle est bien aise de savoir ce qui vous regarde… Et sans vous compromettre en rien, elle aura du moins, dit-elle, des armes pour vous défendre; soyez bien sûr qu'elle en usera.
Je ne vous écris qu'un mot. Nous partons, écrivez-nous dès les premiers jours du mois prochain.
Vous ferez vos lettres de manière à ce qu'elles puissent se lire haut. Sans vous interdire pourtant la liberté d'y insérer de tems-en-tems un petit billet pour moi, et dans lequel vous ne m'entretiendrez que du sentiment qui nous flatte; ma mère qui connaî*t vos vues, et qui les approuve, me remettra ces billets fidèlement. Si vous avez quelque chose de plus secret à me dire, vous l'adresserez à Julie, cette fille qui me sert depuis son enfance, vous aime, dit-elle, comme si vous deviez devenir son maître un jour. Cela serait-il possible, mon ami? Je ne sais, mais j'ai des pressentimens qui quelquefois me consolent par leur illusion délicieuse, des chagrins de la réalité.
Nous emmenons Folichon 