
Le pilote accéléra de plus belle.
— Vous aimez Reba? demanda le pilote, en enfonçant un CD
dans le lecteur.
Une voix féminine commença à chanter «
just the fear
of being alone... »
Ce n'est pas une question de peur, songea machinalement Langdon. Ses collègues femmes lui faisaient souvent remarquer que sa collection d'objets d'art digne d'un musée n'était rien d'autre qu'une tentative transparente de remplir une maison vide, laquelle, insistaient-elles, aurait tout à gagner à la présence d'une femme. Langdon repoussait toujours ce type d'avances d'un grand éclat de rire, leur rappelant qu'il avait déjà trois amours dans sa vie, la symbologie, le water-polo et le célibat. Ce dernier lui laissait tout le loisir de sillonner le monde au gré de ses envies, de se mettre au lit aussi tard qu'il le désirait et de passer des soirées tranquilles chez lui avec un bon livre et un cognac.
— Vous allez voir, c'est une vraie petite ville, claironna le pilote, le tirant de sa rêverie. Il n'y a pas que des labos; on a des supermarchés, un hôpital et même un cinéma.
Langdon acquiesça d'un air absent tout en découvrant l'imposant ensemble de bâtiments qui se dressaient devant eux.
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— En fait, poursuivit le pilote, nous possédons la plus grande machine du monde.
— Vraiment? fit Langdon, qui scruta les alentours d'un regard curieux.
— Vous ne risquez pas de la voir, monsieur, elle est enterrée à vingt-cinq mètres sous terre.
Langdon n'eut pas le temps de poser d'autres questions: sans prévenir, le pilote donna un vigoureux coup de freins. La voiture stoppa devant une barrière de sécurité bordée d'une guérite. Langdon déchiffra le panneau: SÉCURITÉ STOP.
Réalisant qu'il se trouvait dans un pays étranger, il eut un accès de frayeur.
— Mon Dieu, mais je n'ai pas pris mon passeport!
— Vous n'en avez pas besoin, nous avons un accord avec le gouvernement suisse.
