Langdon franchit derrière son hôte une porte électronique qui débouchait sur le grand hall du CERN.

La cathédrale de verre, se dit Langdon en levant des yeux amusés vers la verrière bleuâtre qui coiffait l'édifice. Les rayons du soleil la faisaient chatoyer et projetaient des motifs géométriques sur les parois vitrées. Une vision majestueuse, sans aucun doute. Des ombres anguleuses, semblables à des veines se réfléchissaient sur les murs et les sols recouverts de marbre. L'air qu'on respirait semblait parfaitement pur et stérile. Quelques scientifiques se déplaçaient d'un pas vif, faisant résonner le sol dallé du bruit de leurs talons.

— Par ici, monsieur Langdon, s'il vous plaît.

La voix de Kohler semblait presque numérisée, ses intonations étaient rigides et précises, à l'image de sa physionomie sévère. Il toussa et s'essuya la bouche sur un mouchoir blanc tout en fixant Langdon de ses yeux gris.

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— Dépêchons, monsieur Langdon, il y a urgence, ajouta-t-il tandis que le fauteuil roulant glissait sur le sol de marbre.

Langdon longea une série de couloirs qui rayonnaient à partir de l'atrium central. Tous bourdonnaient d'activité. Les scientifiques qui voyaient Kohler semblaient surpris et dévisageaient Langdon en se demandant visiblement qui pouvait être l'invité du grand patron.

— Je dois vous faire un aveu qui m'embarrasse, commença Langdon pour engager la conversation, j'ignore tout du CERN.

— Cela ne m'étonne pas, rétorqua Kohler d'une voix aussi froide et métallique que les poutrelles d'acier qui les entouraient. La plupart des Américains ne considèrent pas l'Europe comme le numéro un mondial de la recherche scientifique. À leurs yeux nous nous ne sommes guère qu'une sympathique destination touristique. Étrange perception, si l'on veut bien se souvenir que Galilée, Newton et Einstein étaient des Européens!



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