
Au bout du couloir, le vrombissement devint presque assourdissant, Langdon sentait le sol vibrer sous ses pieds. En tournant le coin, il découvrit une galerie circulaire percée de quatre épaisses dalles de verre incurvées, semblables à des hublots de sous-marin. Langdon s'arrêta et jeta un coup d'œil à travers l'une de ces fenêtres. Le professeur Robert Langdon avait assisté à d'étranges spectacles au cours de sa vie, mais celui-là était bien le plus insolite. Dans une énorme chambre circulaire flottaient des hommes en état d'apesanteur. Ils étaient trois. L'un d'eux fit une cabriole tout en lui adressant un petit signe de la main.
Mon Dieu, songea Langdon éberlué, je suis chez les dingues!
Le sol de cette chambre était constitué d'une grille d'acier à travers laquelle on distinguait une hélice tournoyant.
— La tour d'impesanteur, fit Kohler, s'arrêtant à son tour pour l'attendre. Chute libre en chambre, excellent pour soulager le stress. C'est une soufflerie aérodynamique verticale.
Langdon regardait toujours, frappé de stupeur. L'un des trois
« ludions », une femme obèse, s'approcha de la fenêtre. Elle était ballottée par les courants d'air mais souriait de toutes ses dents et releva ses deux pouces en regardant Langdon qui lui répondit par un sourire timide. Il lui rendit son geste en se
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demandant si elle savait que ce geste avait symbolisé, dans des cultures fort anciennes, la virilité masculine.
La grosse dame, remarqua Langdon, était la seule à être équipée d'un parachute miniature. La petite coupole de tissus ondulait au-dessus d'elle comme un jouet.
— À quoi sert ce petit parachute? interrogea-t-il.
— Il augmente le coefficient de résistance à l'air, donc la mobilité ascensionnelle. Ce mètre carré de tissu suffit à ralentir la chute d'un adulte moyen de presque vingt pour cent.
