
Langdon acquiesça machinalement.
Il était loin de se douter que le soir même, à des centaines de kilomètres de là, cette information allait lui sauver la vie.
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Quand Kohler et Langdon sortirent sous un soleil radieux à l'arrière du grand bâtiment du CERN, Langdon eut presque l'impression d'avoir été transporté sur le campus de Harvard.
Une magnifique pelouse lustrée, sillonnée d'allées irrégulières et bordée de bosquets d'érables, moutonnait entre les dortoirs en briques brunes rectangulaires. Des individus, ressemblant traits pour traits à des étudiants ou à des professeurs, entraient et sortaient des bâtiments, des piles de livres dans les bras. Comme pour accentuer cette atmosphère universitaire, deux hippies aux cheveux longs jouaient au frisbee au son de la Q uatrième Symphonie de Mahler qui s'échappait d'une fenêtre ouverte.
— Ce sont les dortoirs résidentiels, expliqua Kohler tout en accélérant son fauteuil roulant sur l'allée qui menait vers les bâtiments. Nous avons plus de trois mille physiciens ici. Le CERN
emploie à lui seul plus de la moitié des spécialistes mondiaux de la physique des particules, japonais, allemands, français, italiens...
d'où qu'ils viennent. Nous conjuguons les talents de plus de cinq cents universités et soixante nationalités.
— Comment communiquent-ils?
— En anglais, bien sûr, la langue universelle de la science.
Langdon avait toujours entendu dire que les
mathématiques étaient le langage scientifique universel, mais il était trop fatigué pour argumenter. Il descendit en silence l'allée du parc dans le sillage de Kohler.
À mi-chemin, ils croisèrent un jeune jogger vêtu d'un T-shirt VIVE LA TGU!
Langdon le suivit du regard, sidéré.
— La TGU?
— La Théorie Générale Unifiée, coassa Kohler. La théorie globale.
— Je vois, fit Langdon, qui ne voyait rien du tout.
