Kohler accueillit cette remarque par un rictus suffisant.

— Son auteur plaisantait, monsieur Langdon. Il pensait aux ions, ces particules chargées d'électricité que l'on trouve dans la plupart des objets qui nous entourent.

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Langdon jeta un coup d'œil sur la colonne et grommela vaguement.

Il se sentait toujours stupide en sortant de l'ascenseur au dernier étage du bâtiment C. Il suivit Kohler le long d'un couloir curieusement décoré en style colonial, avec son divan en merisier, son énorme vase chinois posé sur le sol et ses boiseries sculptées, ce qui ne laissa pas de le surprendre.

— Nous avons fait un effort pour que nos scientifiques en poste dans la maison se sentent comme chez eux, expliqua Kohler.

De toute évidence, se dit Langdon.

— C'est donc ici que vivait l'homme représenté sur le fax?

C'était l'un de vos grands chercheurs?

— En effet, répondit Kohler. En constatant son absence à une réunion, ce matin, nous l'avons appelé sur son pageur. Pas de réponse. Je suis donc monté et c'est ici que je l'ai découvert mort, dans son salon.

Langdon frémit en réalisant tout d'un coup qu'il allait voir un cadavre. Son estomac n'avait jamais été très solide. Il s'en était rendu compte dès l'époque où, encore étudiant, son professeur de dessin lui avait expliqué que Leonardo da Vinci avait acquis son incomparable science du corps humain en déterrant les cadavres et en disséquant leur musculature.

Ils parvinrent à l'extrémité du couloir.

Il n'y avait qu'une porte.

— Le Penthouse, comme on dit aujourd'hui, commenta Kohler en essuyant une goutte de sueur qui perlait à son front.

La plaque de cuivre sur la porte en chêne annonçait: LEONARDO VETRA

— Leonardo Vetra, reprit Kohler, aurait eu cinquante-huit ans la semaine prochaine. Il était l'un de nos plus brillants chercheurs. Sa mort représente une perte immense pour la science.



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