
Pendant un instant, Langdon crut déceler le tressaillement d'une émotion sur le visage impénétrable de Kohler. Mais elle se dissipa
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aussi vite qu'elle était venue. Kohler plongea sa main dans sa poche et en retira un trousseau de clés.
Une pensée dérangeante traversa l'esprit de Langdon. Le bâtiment semblait désert.
— Où sont passés tous les résidents? demanda-t-il.
L'absence totale d'allées et venues aux abords immédiats de la scène d'un crime lui semblait soudain suspecte.
— Ils travaillent dans leurs laboratoires, répliqua Kohler en saisissant la clé.
— Mais la police? insista Langdon. Ils sont déjà partis?
Kohler s'interrompit, la clé à moitié enfoncée dans la serrure.
— La police?
— Dans votre fax, il était bien question d'un homicide, non?
Vous avez certainement dû appeler la police.
— Bien sûr que non!
— Comment?
Kohler plissa ses lourdes paupières.
— La situation est complexe, monsieur Langdon.
Langdon sentit l'appréhension monter en lui.
— Mais enfin, vous avez prévenu les personnes concernées, je suppose?
— À vrai dire, il n'y en avait qu'une, la fille adoptive de Leonardo. Elle travaille aussi au CERN en tant que physicienne.
Dans le même laboratoire que son père. Ils travaillent ensemble.
Mlle Vetra était absente cette semaine, elle faisait de la recherche de terrain. Je lui ai annoncé la mort de son père et elle va nous rejoindre sous peu.
— Mais un homme a été assass...
— L'enquête policière, rétorqua Kohler d'une voix ferme, aura lieu. Mais les enquêteurs voudront certainement fouiller le laboratoire de Vetra, or c'est un espace que lui et sa fille considéraient comme un sanctuaire. La police attendra donc le retour de Mlle Vetra. Je pense que je lui dois bien cet ultime tête-à-tête avec son pauvre père.
